Notes de Wissem

Il fait 21 Juin

Cette Note fait suite au soft opening du Disney Music Festival, saison estivale de Disneyland Paris dédiée à la musique. Elle se base sur un ressenti immédiat, on ne peut plus subjectif.

23h30, un 18 avril. Ressenti : 11h, un 22 juin.

Hier soir, les rues se sont emplies de silhouettes ornées de tubas, de chars porteurs de batteurs, d’une chanson qui traversait les allées comme un souvenir sur les lèvres.

Un lendemain de Fête de la Musique.

Le Disney Music Festival est une réussite parce qu’il ne cherche qu’à exister, à répondre à sa promesse. Il est modestement ambitieux, ce n’est pas un show total, ni bluffant ni aseptisé.

C’est aussi la proposition la plus intime qu’il m’ait été donnée de voir dans le Resort.

L’objectif est simple: représenter un maximum de couleurs musicales, puis souligner leur point commun, l’écho qu’elles trouvent en nous.

Pas d’esbroufe, personne ne peut vraiment se le permettre avec un budget famélique. Les costumes sont pour beaucoup réutilisés ? Ouf. Les bannières cheap ? Ouf. Les décors minimalistes ? Ouf. Priorité est donnée à ceux qui porteront toute l’émotion.

Partout où mon oreille s’est arrêtée, je n’ai capté que talent, exigence et fierté dans la maîtrise de son art. Ce qui m’a bouleversé en tout premier lieu: la joie des musiciens qui jouent avec un plaisir non dissimulé, irradiant tout sur leur passage.

Face à eux, les personnages Disney gagnent une épaisseur nouvelle. Une justesse. Ajoutez à cela un son bien mixé, une partition calibrée, des costumes identifiables, des visiteurs actifs. Voilà pourquoi ça fonctionne.

Voila pourquoi ça fonctionne autour de nous. On reconnaît une mélodie, on vit quelque chose d’inattendu. Il fait 21 juin.

L’offre est évidemment inégale, assez logiquement. Mais tout a du cœur, sauf peut-être le happening dédié à Mary Poppins, où personne ne semblait vouloir y croire. Ni eux. Ni nous du coup. Bien loin de mon top 3.

Le concert de Vidéopolis rend à cette scène ce que des années de maltraitance lenormande lui avaient retiré. C’est, pour moi, la plus belle réussite de l’offre. Un très grand moment de téloche avec une superbe maîtrise de la lumière et une partition remarquable.

La Matadance hérite d’un enrobage malin et drôle, qui l’élève à la deuxième place de mon classement. L’intégration au Disney Music Festival est naturelle, portée par une narration simple et une très grande émotion musicale.

Miguel grimpe sur la troisième marche grâce à la fantastique énergie dégagée par son groupe qui habite magnifiquement l’espace.

Et puis il y a cette question : et si vous étiez au bon endroit, au bon moment ? Le Festival est magnifiquement fragmenté pour honorer chaque couleur. Le puzzle se révèle en fin de journée avec une ultime pirouette: il ne manquait plus que vous pour former une harmonie.

Le grand final m’aura permis de verser 2 larmes, la première face à la fantastique qualité de la showtape (heureusement pré-enregistrée pour garantir la qualité), la seconde durant le très beau moment de communion créé à la fin du spectacle.

On ressent toute l’urgence de tenir la note jusqu’au bout pendant ce spectacle, immense avantage de ce « one shot » qui précipite tout le monde dans l’éphémère, qui prend toute sa dimension chez les artistes et résonne dans le public.

Le Disney Music Festival apprend des erreurs du passé et se recentre sur ce qui compte: créer du lien avec le spectateur. Une vraie connexion, parfois un peu maladroite mais qui semble sincère.

Maladresse sincère car tout relève ici de l’artisanat. Tout le monde a de l’air pour s’exprimer, tenter, innover, se faire plaisir, embarquer ses collègues ou les visiteurs… C’est rare et précieux.

Bonne nouvelle, le 21 juin va durer quatre mois.