Notes de Wissem

Key Change

Dans mes Notes, je partage mes réflexions, généralement après le lancement de nouveautés à Disneyland Paris, parfois plusieurs mois avant, comme aujourd’hui.

Cette Note repose sur les premiers contours du Disney Music Festival, prévu pour le printemps 2025, mais s’accompagne de spéculations personnelles et d’échos lointains. Elle ne trahit néanmoins aucun secret et ne saurait refléter, à ce stade, un produit finalisé.

Mes Notes sont celles d’un observateur à distance : elles peuvent être inexactes car elles restent avant tout le seul fruit de ma réflexion.

Mal entendus.

En 2024, le constat est préoccupant pour la division Spectacles. Des choix artistico-financiers douteux ont gravement terni des taux de satisfaction pourtant souvent exemplaires. En cause : des décisions surprenantes, oscillant entre audace mal maîtrisée et faits du prince (ou ici, de la princesse) qui heureuses comme Disney Tales of Magic, qui désastreuses.

Le couperet est sévère : deux projets ambitieux se sont soldés par des échecs, malgré des investissements parfois mirifiques répartis sur plusieurs saisons, où l’erreur n’était pas permise. D’abord, A Million Splashes of Colors, ersatz de Dream… And Shine Brighter!, qui n’aura illuminé le printemps que pour s’éteindre aussitôt. Véritable débâcle artistique et technique. Dans le même genre, Back to Wonderland, projet titanesque et dispendieux étalé sur cinq ans, voit son avenir assombri par des indicateurs cataclysmiques (taux de satisfaction, fréquentation, notoriété…) et n’échappe à une seconde saison que par contrainte.

Ainsi, la division Spectacles perd de sa superbe. Des décisions de production mal avisées ternissent sa réputation, faisant passer ses équipes pour des gestionnaires imprudents, incapables de justifier les ressources pourtant durement arrachées à la suite de succès précédents.

Face à cette situation, les petits hommes gris et leurs tableurs Excel ont tenté de limiter les dégâts. Disney Junior Dream Factory d’abord, temporairement sacrifié sur l’autel du budget (et qui pourrait bien faire son retour au détour d’une prochaine année fiscale…). Mais dans ce climat de méfiance, comment concilier ambition et rigueur ? Fantastique exemple d’imagination décuplée en temps de contraintes.

Le point de bascule.

Le Disney Music Festival semble se contorsionner dans tous les sens jusqu’à prendre une décision inédite. De celles qui remuent dogmes et rituels. De celles « jamais vues dans l’Histoire des parcs Disney!! » et contre laquelle ses détracteurs invoqueront jusqu’au fantôme de Walt Disney.

Une initiative inédite et audacieuse, encore confidentielle, s’attaquant à des problématiques fondamentales à l’image de la sacro-sainte gestion du labor, mère de tous les maux. Cependant, son annonce, inévitablement ratée, promet de noircir du papier.

Polyphonie.

Une initiative qui témoigne aussi de la confiance placée dans l’été 2025. Conçu comme un véritable festival musical, le parc deviendra le théâtre de plusieurs « scènes », chacune dédiée à des créations musicales, en grande partie inédites.

Contrairement à des spectacles comme Dream… And Shine Brighter! ou A Million Splashes of Colors, où différents univers se mélangeaient parfois maladroitement, le festival mise sur une présentation individualisée de chaque identité musicale avant de les rassembler dans une célébration commune. Les univers de Vaiana, Miguel, Timon et consorts ne s’épanouissant pleinement que dans des écrins sur mesure.

Créativement, l’objectif semble clair : établir des bases solides pour chaque proposition avant de les unifier dans un final spectaculaire. Les succès techniques précédents comme MataDance ou Descendants proposent de solides bases. Mais cette nouvelle vision aspire à aller plus loin en renforçant à la fois l’originalité et la cohérence.

Réarrangement.

Ce concept m’enthousiasme particulièrement. Il répondrait enfin à des problématiques récurrentes, notamment l’effet « mégamix », où des séquences peu connectées se succèdent mécaniquement plusieurs fois par jour. Cette approche plus globale et stratégique ne peut fonctionner que si les ponts entre les différents univers sont réfléchis, fluides et suffisamment captivants pour créer un puzzle harmonieux au final satisfaisant. Un thème musical commun à tous semble le plus naturel, puisse t-il adopter les couleurs de chacun.

Au prix de réorganisations de planning et de quelques grincements de dents, cette nouvelle recette (proche de la dissolution que j’appelle de mes vœux) pourrait représenter une véritable révolution dans la manière de concevoir les spectacles au parc.

Les mois à venir seront décisifs. Il faudra sanctuariser le budget pour fournir des détails définitifs sur les happenings, leur fréquence et leur esthétique. Ces éléments constituent le socle du produit, du pain béni pour Marketing : valoriser les franchises et répondre aux attentes des visiteurs au moment de déclencher un séjour. Pour le reste, une vieille astuce de magicien ne consiste t-elle pas à détourner l’attention ?