Notes de Wissem

Splashes: Le Grand Plongeon

Difficile de détailler une pensée en une story. Certains d’entre vous sont intéressés par des avis plus précis, sur divers sujets.

Bienvenue donc dans mes Notes.

Commençons avec A Million Splashes of Colour et pourquoi ça ne fonctionne pas selon moi. Notre vidéo de référence sera la multicam de BACKLOT PROD.

Contexte

Commande visant à installer une nouvelle saison Marketing de janvier à avril, Splashes intègre une offre déjà très incohérente née de directions créatives multiples et opposées: spectacle nocturne synth, overlay décor Art Nouveau, happening Tinker Bell, spectacle diurne 100% pop.

Splashes a été pensé comme un hommage aux 100 ans de The Walt Disney Company. L’étiquette Disney100 abandonnée, le spectacle a progressivement été tamisé jusqu’à obtenir une version allégée, présentée depuis ce week-end aux visiteurs.

Les chars et costumes forment l’essentiel de l’investissement du spectacle, lui même budgétisé sur plusieurs années. Le labor, sacrifié sur l’autel des cost cuts, est réduit à peau de chagrin.

Je garde en tête la présence de nombreux impératifs budgétaires et créatifs qui échappent à notre connaissance. Cet avis est purement subjectif et tourne autour de mes thématiques favorites: la musique et l’impact émotionnel. Bref, de la téloche.

Construction

Splashes suit un schéma en 5 temps, classique, d’aucuns diront même éculé.

Une première compo originale (FUTURE) accompagne le roulage arrivée ou roll in.

Une seconde compo originale (STORIES) est mélangée à FUTURE au moment de l’intro du Show Stop puis revient au moment de l’outro du Show Stop.

STORIES accompagne le roulage retour ou roll out.

L’erreur originelle réside ici selon moi.

Il n’y a quasi aucune différence entre le roll in et l’intro du showstop. FUTURE est trop présente, STORIES aurait dû la remplacer totalement.

La différence de ton et d’ambiance est primordiale pour chapitrer l’aventure, à fortiori quand le spectacle apparaît si pauvre scénaristiquement.

Dans Splashes, tout se ressemble, en permanence.

Prenons un exemple de construction plus efficace: pourquoi ça fonctionnait dans Dream...and Shine Brighter!?

Quand Ready for the Ride laissait place à Un Monde qui s’Illumine, la courbe d’intensité redescendait légèrement: les voix des personnages étaient mises en avant car l’instrumentale était plus épurée. Réécoutez.

L’intro du Show Stop était structurée clairement.

Ready -> Voix -> Monde gimmick -> Voix -> Monde couplet & refrain

Quand un personnage parlait, tout le reste de la bande son s’effaçait légèrement pour gagner en lisibilité. On prend le spectateur par la main, on transitionne vers la prochaine étape.

L’orchestration, le BPM et la chorégraphie varient et accompagnent ce chemin mais l’essentiel reste dans la construction, l’écriture.

Sens inverse à la fin du showstop.

fin du showstop

début du roll out

Voilà pourquoi ça fonctionnait: c’était invisible mais satisfaisant. C’était lisible et fluide, on ne revient pas en arrière, on boucle.

Il aurait fallu reprendre ce schéma.

Ils ont choisi.

Le souci de A Million Splashes of Colour est donc selon moi un souci d’écriture, doublé d’un recul technique étonnant. Les interventions des personnages semblent placées au hasard, pas toujours spatialisées ou même « programmées ».

Ce manque de clarté rend le tout très pénible, long et confus, comme pour Mickey’s Dazzling Christmas Parade.

Showstop

Le Show Stop se compose de 10 longues minutes. Surchargé musicalement de trop d’extraits et de personnages.

Sur les scènes, tout le monde a l’air perdu et dépassé par les événements. Les accessoires renforcent l’impression de tâtonnement.

Les tenues des danseurs, pas assez reconnaissables, les rendent peu visibles dans la grisaille.

Les chorégraphies sont-elles peu abouties.

La courbe d’intensité est toujours au maximum, pas aidée par le peu d’éléments spectaculaires qui auraient pu introduire ou conclure des séquences fortes (fontaines, VFX, apparitions ou mise en avant scénographique de personnages).

La fin du showstop (14:40) est un ersatz bruyant de The Greatest Showman qui manque de souffle et d’impact.

Conclusion.

Personne n’est vraiment convaincu et il faut dire que ça se ressent. Tous semblent dépassés, se tirent mutuellement vers le bas et peinent à créer un « moment ».

Le spectacle aurait eu besoin de plus de simplicité et en même temps... d’une plus grande exigence dans l’exécution.

Des annonces 15-10 minutes avant le spectacles à la fermeture de la porte de la parade, tout est fait à moitié.

J’ai tendance à penser que les détails n’existent pas, une bonne impression générale est nourrie par une somme de petits moments satisfaisants.

Auraient été à revoir les choix d’investissement et de production qui délaissent les VFX au profit exclusif des chars ou costumes.

Sont à sauver les 2 chansons originales qui, malgré une orchestration beaucoup trop chargée, sont des 4 chords efficaces.

En somme, l’impression d’un spectacle au rabais n’est pas transcendée par une ingéniosité rendant le tout fluide et satisfaisant.

On ne passe pas un mauvais moment devant A Million Splashes of Colour qui partage avec le Doliprane l’avantage de l’effervescence.